Le Pranic Healing: Documenter l’utilisation, les attentes et les bénéfices perçus d’une thérapie peu connue aux États-Unis

Journal of Scientific Exploration, Vol. 26, No. 3, pp. 569–588, 2012.                                                     0892-3310/12

ARTICLE DE RECHERCHE

Soumis le 14/04/2012, Accepté le 30/04/2012

MARITZA JAUREGUI

The Richard Stockton College of New Jersey, School of Health Sciences, Pomona, NJ

TONYA L. SCHUSTER

University of California, Irvine, Department of Sociology, Irvine, CA schuster@uci.edu

MARY D. CLARK

California Institute for Human Science, Encinitas, CA

JOIE P. JONES

University of California, Irvine, Department of Radiological Sciences, Irvine, CA

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Le Pranic Healing:

Documenter l’utilisation, les attentes et les bénéfices perçus d’une thérapie peu connue aux États-Unis

Résumé—L’objectif de cette étude exploratoire était d’examiner les caractéristiques démographiques et les attentes des clients, les raisons de l’utilisation, les sensations ressenties pendant le traitement, ainsi que les résultats perçus du Pranic Healing, un système de thérapie énergétique qui manque de documentation scientifique, mais dont l’utilisation dans la population générale se répand de plus en plus à l’international. Cette étude consistait en une enquête transversale auprès d’adultes (âgés de 18 ans et plus) recevant des soins de 12 centres de Pranic Healing dans quatre États différents des États-Unis (N = 179) remplissant des questionnaires en ligne. Les réponses fermées ont été analysées de manière descriptive, tandis que les données qualitatives ont été analysées à l’aide de l’analyse de contenu. Les raisons d’utiliser la thérapie comprenaient des problèmes physiques, mentaux/émotionnels et métaphysiques, l’insatisfaction à l’égard des soins conventionnels et le bien-être global. Les attentes des soins comprenaient des capacités améliorées, la rétablissement ou le soulagement, ou l’incertitude. Les répondants étaient plus susceptibles de citer un problème spécifique pour lequel ils avaient besoin de soulagement, plutôt que de mentionner la santé générale ou le bien-être comme leur objectif. Les sensations ressenties ont été rapportées comme étant de nature relaxante et non, comme hypothétiquement prévu, de nature énergisante. Les résultats montrent que ceux qui utilisent le Pranic Healing correspondent au profil sociodémographique des utilisateurs de médecine complémentaire et alternative (CAM) aux États-Unis montrent que leurs raisons d’utilisation ne sont pas homogènes, et les données descriptives préliminaires issues d’un sous-échantillon sélectif de répondants indiquent que certains d’entre eux connaissent des résultats positifs attribués à cette modalité.

Introduction

Comme défini par le National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM 2011a), la médecine basée sur l’énergie est un type particulier de MCA (médecine complémentaire et alternative) qui utilise l’énergie, à la fois véritable et putative, pour soigner. Les thérapies qui utilisent l’énergie putative, ou biochamp, reflètent le concept selon lequel chaque être humain est imprégné d’une énergie subtile—qi, prana—ou d’une force vitale universelle. Peu importe comment on l’appelle, le concept reste le même : les êtres humains ont des dimensions énergétiques ainsi que physiques, et la santé de l’une peut se refléter dans l’autre. Les thérapies basées sur l’énergie tentent de manipuler cette dimension énergétique afin d’affecter la santé de l’individu (Forgues 2009).

Malgré le fait que des méta-analyses des études sur les thérapies basées sur l’énergie ont trouvé des résultats mitigés en termes d’efficacité (Jonas & Crawford 2003, Wardell & Weymouth 2004, Vitale 2007, Jain & Mills 2010), les thérapies basées sur l’énergie montrent une utilisation de plus en plus répandue parmi les clients aux États-Unis et à l’étranger (Barnes, Powell-Griner, McFann, & Nahin 2002, Pud, Kaner, Morag, Ben-Ami, & Yaffe 2005, Molassiotis et al. 2005, Jain & Mills 2010). Reflétant cette plus grande demande pour les thérapies basées sur l’énergie, un nombre croissant d’institutions médicales occidentales ont commencé à intégrer des formes de médecine énergétique dans leurs soins conventionnels (Miles & True 2003, Van der Riet 2011). En conséquence, les institutions de formation médicale ont dû inclure une telle formation dans leurs offres. Par exemple, il a été rapporté qu’un nombre croissant de programmes de soins infirmiers à l’international offrent maintenant une forme de thérapie basée sur l’énergie dans leur curriculum (Engebretson & Wind 2002).

Alors que l’utilisation de divers types de médecine énergétique s’est répandue, il y a également eu un changement global vers la création de politiques pour régir l’utilisation de la médecine énergétique et d’autres MCA dans les nations individuelles. En 2001, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mené une enquête mondiale sur les politiques nationales en matière de MCA et a constaté que plus de la moitié des nations enquêtées étaient en train d’établir de telles politiques (OMS 2001). En 2008, le Congrès de l’OMS sur la Médecine Traditionnelle a adopté la « Déclaration de Pékin », appelant les États membres à intégrer la médecine traditionnelle et alternative dans les systèmes de santé nationaux (OMS 2011). L’un des plus grands obstacles trouvés par l’OMS pour établir des politiques sur la MCA et atteindre l’objectif d’intégrer la MCA dans les systèmes de santé nationaux est un manque de connaissances sur de nombreuses thérapies actuellement utilisées dans le monde entier (OMS 2001), en particulier celles qui ont des mécanismes de thérapies qui ne sont pas facilement compris ou mesurés, ou qui ont été trouvées avec des résultats mitigés dans la littérature scientifique, comme la médecine basée sur l’énergie.

Même ici aux États-Unis, il y a une reconnaissance que nous avons besoin d’une meilleure compréhension des « modèles et résultats ‘du monde réel’ de l’utilisation de la MCA et de son intégration dans les soins de santé et la promotion de la santé », comme exprimé dans les objectifs stratégiques de NCCAM (NCCAM 2011b). En outre, le NCCAM a déclaré comme partie de ses objectifs stratégiques qu’il y a un besoin d’informations descriptives examinant la fréquence et les raisons de l’utilisation de la MCA dans le traitement des maladies et des symptômes et dans la promotion de la santé et du bien-être » (NCCAM 2011b).

L’étude descriptive actuelle tente d’explorer les attentes des clients, la fréquence et les raisons de l’utilisation, et les bénéfices perçus liés à la santé du Pranic Healing, une modalité de thérapie énergétique moins connue qui manque de documentation scientifique mais dont l’utilisation devient de plus en plus répandue à l’international. Il est espéré que les résultats de cette étude puissent avoir une pertinence plus large pour les thérapies basées sur l’énergie.

Le Pranic Healing

Dans la littérature scientifique, le Pranic Healing a été alternativement utilisée comme un exemple d’ethnomédecine culturellement intégrée moins connue, pouvant être utilisée pour le conseil dans des situations traumatiques telles que les catastrophes naturelles (Shah 2007); un exemple d’approche indigène qui se concentre sur la connexion du corps, de l’esprit et de l’âme, et sur le maintien d’un équilibre dans le flux d’énergie ayant des implications pour d’autres types de conseil (Yeh, Hunter, Madan-Bahel, Chiang, & Arora 2001); un exemple de médecine alternative avec une composante spirituelle qui la rend populaire pour les soins palliatifs dans certaines sociétés (Chaturvedi 2007); et un exemple de type de mouvement religieux avec des composants de therapie. (Beckford & Suzara 1994).

La plupart des praticiens modernes du Pranic Healing utilisent une version qui a été formalisée aux Philippines et inclut des éléments de la médecine traditionnelle chinoise. Selon Maître Choa Kok Sui (Sui 2004), qui a formalisé cette version moderne du Pranic Healing, les therapeutes en Pranic Healing travaillent avec les couches du champ d’énergie subtile qui entoure le corps physique. Basé sur le postulat que le biochamp est un moule ou un modèle que le corps physique suit, le thérapeute en Pranic Healing commence à faire le sondage du biochamp avec ses mains pour détecter les zones de congestion ou de déplétion d’énergie subtile correspondant au problème présenté (qu’il soit physique ou psychologique). Après avoir localisé et identifié les zones de préoccupation, le thérapeute balaie le biochamp avec ses mains afin de nettoyer la congestion, redistribuer le prana, et sceller les trous dans le champ. De plus, les zones affectées par des problèmes de santé spécifiques sont traitées localement via des mouvements de nettoyage manuel spécifiques. Une fois que le biochamp est complètement nettoyé comme déterminé par un nouveau sondage, la dernière étape commence, impliquant l’énergisation des zones affectées avec du prana frais qui est tiré de l’atmosphère et projeté sur les zones impactées.

L’Institut pour les Études Intérieures a été établi par Maître Choa Kok Sui aux Philippines en 1987 pour introduire  mondialement le Pranic Healing (PH) Moderne; le PH est actuellement pratiquée dans 49 pays différents à travers six continents. Dans certains pays, le Pranic Healing est non seulement pratiquée mais sanctionnée par le gouvernement. Selon Balasubramanian (2010), le Pranic Healing est l’une des modalités alternatives actuellement pratiquées en Inde, et légalement sanctionnée dans le sens où elle est reconnue, réglementée et approuvée par le gouvernement..

L’Inde n’est pas le seul pays à sanctionner l’utilisation du Pranic Healing. Dans une discussion sur les débats normatifs, axiologiques et éthiques entourant les questions de la loi sur la médecine traditionnelle et alternative et l’économie informelle de la santé aux Philippines, Lee Mendoza inclut le Pranic Healing dans une liste de modalités de thérapie spécifiquement approuvées par l’Institut Philippin de Santé Traditionnelle et Alternative (Mendoza 2009). Au Sri Lanka (Broom, Wijewardena, Sibbritt, Adams, & Nayar 2010), son utilisation légale a été encadrée comme une question de santé publique lorsque des chercheurs l’ont trouvée parmi les types de MTMCA (médecine traditionnelle, complémentaire et alternative) utilisés par des clients atteints de cancer avant de consulter leurs médecins. Malgré ces rapports sur son utilisation croissante à l’international, les informations scientifiques publiées sur le Pranic Healing sont extrêmement limitées.

En examinant la littérature scientifique, très peu d’études ont été trouvées documentant les spécificités de l’utilisation, de l’efficacité ou de l’efficience du Pranic Healing. Une recherche exhaustive d’articles scientifiques publiés sur le Pranic Healing a été menée en utilisant les bases de données spécifiques suivantes : PUBMED, PSYCINFO, Social Sciences Full Text, Sociological Abstracts, Evidence-Based Medicine Reviews, JSTOR et CINHAL. De plus, les méta-bases de données suivantes ont été utilisées : WEB of SCIENCE, Academic Search Complete et ScienceDirect. Toutes les bases de données ont été recherchées pour les mots-clés « Pranic » et « Pranic Healing”. Les résultats n’ont pas été limités par date de publication, type de méthodologie ou langue. La seule exigence était que l’étude soit publiée dans une revue à comité de lecture.

Les bases de données suivantes n’ont donné aucun résultat : Academic Search Complete, Sociological Abstracts et Social Sciences Full Text. Parmi les autres bases de données, sans compter les doublons ou les résumés de rapports de conférences, un total de onze articles a été trouvé. Parmi ces onze articles, seuls trois rapportaient des études scientifiques qui étudiaient directement le Pranic Healing. Les sections de référence des études éligibles et d’autres articles de revue ont été recherchées pour des études supplémentaires, ce qui a donné une étude de plus pour un total de quatre études.

Parmi ces quatre études, la première était une étude de cas sur les effets du Pranic Healing sur une cliente atteinte de cancer du sein (Tsuchiya & Motoyama 2007). Les chercheurs ont tenté de mesurer les changements de conduction électrodermale à des points d’acupuncture spécifiques sur la cliente lors de quatre séances distinctes de Pranic Healing. Les chercheurs ont trouvé des preuves positives de changements de conduite pour cette cliente, y compris des changements de directions et de niveaux d’énergie selon l’intention du thérapeute en Pranic Healing.

La deuxième étude (Vrunda, Sundaram, Jaisri, & Das 2002) était une étude longitudinale menée à Bangalore sur les effets du Pranic Healing sur les problèmes comportementaux chez les jeunes filles. Les chercheurs ont trouvé un effet positif après trois mois de séances de Pranic Healing dans la réduction globale des problèmes comportementaux chez 22 jeunes filles qui avaient été placées par les tribunaux dans des foyers pour mineurs en raison de violences, mais ont conclu que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier la relation.

La troisième étude (Jain, Nagarathna, Nagendra, & Telles 1999) était une étude contrôlée en simple aveugle sur les effets du Pranic Healing sur la douleur musculo-squelettique utilisant 50 clients souffrant de douleur musculaire chronique non maligne continue depuis plus de six mois, répartis au hasard en deux groupes. Les chercheurs ont comparé l’effet immédiat du Pranic Healing sur la douleur musculo-squelettique chronique avec une séance placebo de mouvements aléatoires des mains sur une période de deux jours. Les chercheurs ont conclu que le Pranic Healing, lorsqu’il est effectué pendant 25 minutes selon la méthode standardisée par un thérapeute formé, est efficace pour réduire la douleur chronique continue d’origine musculo-squelettique, par rapport aux mouvements aléatoires des mains en placebo pour la même durée.

Une seule étude sur les utilisateurs ou « adeptes du Pranic Healing» a été trouvée dans la littérature (Beckford & Suzara 1994). L’étude, qui examinait le Pranic Healing comme une forme de mouvement religieux aux Philippines, était une étude qualitative basée sur l’observation des participants et des interviews de 62 individus pratiquant le Pranic Healing. Les chercheurs ont constaté que, contrairement à de nombreuses attentes théoriques, le Pranic Healing avait attiré des adeptes relativement riches et bien éduqués qui aspiraient à intégrer leurs intérêts spirituels et thérapeutiques dans leur vie professionnelle en tant que professionnels ou hommes d’affaires.

À notre connaissance, il n’existe actuellement aucune documentation scientifique publiée sur les attentes des clients, leur expérience perçue, leurs raisons et les résultats perçus du Pranic Healing en tant que forme de médecine à base d’énergie.

Matériaux et Méthodes

Conception de l’étude

Il s’agissait d’une étude exploratoire et descriptive, utilisant à la fois des données qualitatives et quantitatives provenant d’une enquête auprès de 179 clients du Pranic Healing. Étant donné que si peu de recherches ont été publiées sur cette modalité, un groupe de discussion pré-pilote composé de thérapeutes en Pranic Healing a été mené à des fins exploratoires afin d’informer le développement des étapes ultérieures de l’étude. Le but du groupe de discussion était de recueillir des informations permettant aux chercheurs de contextualiser les questions de l’enquête dans les expériences quotidiennes rapportées par les répondants. Parmi les données recueillies figuraient des descriptions de base des séances de thérapie typiques, des réactions ou rapports courants des clients pendant et après les séances énergétiques, le nombre typique de nouveaux clients vus par mois, et l’utilisation d’autres modalités de thérapie pendant les séances de Pranic Healing. Ces informations ont été utilisées pour créer un questionnaire d’enquête qui serait ensuite donné aux clients du Pranic Healing et pour informer les protocoles d’échantillonnage.

Procédure d’Échantillonnage

Il n’y a aucune exigence formelle pour que les thérapeutes en Pranic Healing documentent leurs traitements et aucune source informelle ne définit la population des utilisateurs du Pranic Healing aux États-Unis. Pour cette raison, les participants à l’étude ont été recrutés par l’intermédiaire detherapeutes en Pranic Healing. Douze therapeeutes en Pranic Healing certifiés de quatre États (Oregon, Washington, Californie et Floride) ont été choisis pour participer à l’étude en fonction de leur expérience en tant que therapeutes, de leur éducation, de leur sexe, de leur origine et de leur capacité à générer un nombre suffisant de nouveaux clients. La variation des antécédents des thérapeutes a été utilisée pour assurer une certaine variabilité dans le type de client que chaque thérapeutes attirait.

Les thérapeutes ont identifié de nouveaux clients éligibles pour participer à l’étude pendant une période de recrutement de neuf mois. L’éligibilité consistait en : 1) avoir 18 ans ou plus, 2) être disposé à participer à l’étude, et 3) prévoir de participer à plus d’une séance de Pranic Healing. Les clients étaient informés de l’étude verbalement par le thérapeute avant la séance de soin énergétique. S’ils étaient intéressés, ils avaient accès à un ordinateur dédié dans le bureau du thérapeute qui leur permettait de se connecter en ligne lors de l’accueil avant leur première séance de soin énergétique, de lire les détails de l’étude, ainsi que de lire et de signer le consentement éclairé. Après avoir consenti à l’étude, les clients étaient dirigés vers la page du sondage en ligne, où ils remplissaient un sondage initial qui prenait environ 25 minutes à compléter. Ni les clients ni les thérapeutes n’ont reçu de rémunération financière pour leur participation. Le taux de réponse des participants était de 89%, ce qui a donné lieu à 179 sondages de base complétés.

Questionnaire

Le questionnaire a été élaboré à l’aide de questions adaptées d’instruments validés (Ryff & Singer 2006, Kahneman, Diener, & Schwarz 1999, Diener, Wirtz, Biswas-Diener, Tov, Kim-Prieto, Choi, & Oishi 2009, Keyes & Lopez 2002, Keyes 1998, Kopp et al. 2010) et de questions créées par les chercheurs sur la base de données de groupes de discussion. Le questionnaire a été testé en version pilote pour vérifier la clarté, la compréhension et la longueur sur un échantillon de huit thérapeutes en Pranic Healing qui étaient eux-mêmes utilisateurs de cette thérapie, puis révisé en fonction des résultats du test pilote. La première partie du questionnaire comprenait des questions sur les variables sociodémographiques, y compris l’âge, l’ethnicité, l’état civil, le niveau d’éducation, la profession et le revenu. Étaient également incluses dans la section sociodémographique des questions sur la fréquentation religieuse et les valeurs spirituelles. Ces questions étaient répondues à l’aide de réponses fixes, généralement en combinaison avec une alternative ouverte à utiliser si aucune des réponses proposées n’était appropriée. La deuxième partie inclut des questions sur la santé physique et mentale/émotionnelle et les maladies, l’utilisation de types de médecine alternative ou complémentaire, la médecine conventionnelle, les médicaments et les suppléments, les raisons de l’utilisation et l’utilisation de diverses pratiques de mode de vie pour des raisons liées à la santé. La troisième partie consistait en une combinaison de questions ouvertes et de réponses fixes avec une option de remplir des alternatives si aucune des réponses proposées n’était appropriée. Cette section couvrait l’utilisation et la familiarité avec le Pranic Healing, les raisons de l’utilisation du Pranic Healing, les attentes vis-à-vis du  Pranic Healing et, parmi ceux qui utilisaient déjà le Pranic Healing, la régularité de l’utilisation et les sensations ressenties pendant les séances de Pranic Healing. Les questions ouvertes ont été créées pour permettre une meilleure compréhension de l’utilisation du Pranic Healing dans le contexte des motivations et des expériences réelles du client moyen.

Analyse des données

Les questions couvrant les variables suivantes ont été analysées de manière descriptive : sociodémographiques, santé physique et mentale/émotionnelle, type et nombre de maladies, utilisation de la médecine complémentaire et alternative (MCA) et de la médecine conventionnelle, utilisation de pratiques de mode de vie pour des raisons de santé, familiarité avec le Pranic Healing et régularité d’utilisation. L’analyse des variables suivantes était basée sur des questions à réponse fixe et des questions ouvertes associées nécessitant que le répondant développe la réponse fixe : utilisation des pratiques de Pranic Healing en dehors du cadre du praticien, et sensations ressenties lors des séances de Pranic Healing.

Les réponses ouvertes aux questions suivantes sur les attentes d’utilisation et les raisons d’utilisation ont été analysées en utilisant les méthodes d’analyse de contenu conventionnelle décrites par Hsieh et Shannon (2005). Deux membres de l’équipe de recherche ont lu indépendamment les transcriptions des réponses ouvertes et ont créé des codes initiaux pour toutes les réponses de ces deux variables, en surlignant les mots exacts des réponses qui semblent capturer les concepts clés. Les codes ont ensuite été triés par chaque membre de l’équipe de recherche en catégories et sous-catégories en fonction de la manière dont les différents codes étaient liés. Ensuite, les deux membres de l’équipe ont comparé leurs catégories et sous-catégories initiales, les révisant jusqu’à ce qu’un accord complet soit atteint, et une liste finale de catégories et sous-catégories a été créée qui capturait l’ensemble des réponses. Pour ces catégories finales, des définitions pour chacune et des thèmes associés ont été choisis, ainsi que des exemples tirés du texte qui soutenaient chaque thème.

Afin d’examiner dans quelle mesure les réponses données pour cette étude correspondent aux attentes théoriques actuelles pour les résultats de la MCA, une analyse de contenu dirigée telle que décrite par Mayring (2000) a été utilisée pour créer des catégories générales de résultats attendus. L’analyse de contenu dirigée utilise la théorie existante pour élaborer des catégories de codage initiales et leurs définitions opérationnelles (Potter & Levine-Donnerstein 1999). Les données qui ne peuvent pas être immédiatement codées sont analysées plus tard pour déterminer si elles représentent une nouvelle catégorie ou une sous-catégorie d’un code existant. Ces résultats peuvent ensuite être utilisés comme preuve de soutien ou de non-soutien, ou pour étendre la théorie actuelle.

Les réponses ont été catégorisées en utilisant des catégories de codage et des définitions opérationnelles basées sur le modèle théorique des résultats de bien-être pour la MCA de Schuster, Dobson, Jauregui et Blanks (2004), qui est basé sur la compréhension que certains concepts sont communs à la plupart des modalités de la MCA, y compris le « bien-être de haut niveau », « l’interpénétration de l’esprit, du corps et de l’esprit », le holisme/individualisme, l’auto-guérison, le vitalisme, le corps en tant que système bioénergétique, et une focalisation sur le contexte naturel/écologique (Goldstein 2000). Ce modèle propose que la santé inclut plusieurs domaines, parmi eux le physique, le psychologique (mental, intellectuel, émotionnel), le social et le spirituel. Le bien-être est ainsi conceptualisé comme « une construction de niveau supérieur intégrant ces domaines, s’appuyant sur la perception de soi de l’individu » (Schuster, Dobson, Jauregui, & Blanks 2004).

Résultats

 

Démographie des patients

Les répondants avaient entre 20 et 96 ans, avec un âge moyen de 49,5 ans ; 70,4 % étaient des femmes et 84,3 % étaient blancs/caucasiens. Parmi les répondants, 51,7 % étaient mariés. Cinquante-neuf pour cent étaient diplômés de l’université ou avaient une éducation post-universitaire, et 48 % décrivaient leur activité principale comme professionnelle, technique (programmation informatique, ingénierie, etc.) ou de bureau, tandis que seulement 10,6 % décrivaient leur activité professionnelle comme ouvrière. Plus de la moitié (57,4 %) ont déclaré un revenu annuel du ménage supérieur à 50 000 dollars, et 32,3 % ont déclaré un revenu annuel du ménage supérieur à 75 000 dollars. Ces caractéristiques font de cet échantillon d’utilisateurs du Pranic Healing un groupe au-dessus de la moyenne en termes de statut socio-économique (le revenu médian des ménages aux États-Unis en 2009 était de 50 221 dollars, et ceux atteignant un niveau d’éducation universitaire correspondant à un diplôme de licence représentaient 27,5 % de la population) (U.S. Census Bureau 2011).

Étant donné que le Pranic Healing a été décrit à la fois comme une forme de médecine alternative avec une composante spirituelle (Chaturvedi 2007), et comme un exemple de type de mouvement religieux avec des composants de guérison (Beckford & Suzara 1994), nous avons demandé aux répondants s’ils assistaient « régulièrement au service à l’église, à la synagogue ou au temple » et « Quelle est l’importance de la spiritualité, des croyances religieuses ou des croyances métaphysiques dans votre vie ? » La deuxième question a été répondue sur une échelle de quatre points avec des réponses allant de « pas du tout important », « pas très important » à « quelque peu important » et « très important ». Soixante-quatorze pour cent des répondants ont répondu qu’ils n’assistent pas régulièrement au service à l’église, à la synagogue ou au temple, mais plus de la moitié (57,3 %) ont répondu que la spiritualité, les croyances religieuses ou les croyances métaphysiques étaient « très » importantes dans leur vie. Un autre 29,2 % ont répondu que ces croyances étaient « quelque peu » importantes pour eux.

État de santé

La santé physique et la santé mentale/émotionnelle ont été évaluées sur une échelle de cinq points allant de « excellente » à « mauvaise » en utilisant la question suivante : « Diriez-vous que votre santé (insérer) à l’heure actuelle est . . . » La question a été posée deux fois, une fois pour la santé physique et une fois pour la santé mentale/émotionnelle. Globalement, les répondants estimaient que leur santé physique était bonne, avec 32 % évaluant leur santé physique comme « très bonne » ou « excellente », 36 % comme « bonne », et seulement 18 % comme « passable », et 14 % comme « mauvaise ». Bien que les répondants étaient tout aussi susceptibles d’évaluer leur santé mentale/émotionnelle comme bonne (31 % « très bonne » ou « excellente », 25,7 % comme « bonne »), un plus grand pourcentage de répondants étaient susceptibles d’évaluer leur santé mentale/émotionnelle comme « passable » (28,5 %) et « mauvaise » (15,1 %) que leur santé physique. Les affections les plus courantes étaient les troubles émotionnels (30 %), les douleurs dorsales (22 %), les douleurs cervicales (18 %), le stress (43,6 %) et les problèmes de contrôle du poids (16,6 %). Environ 13,3 % avaient une maladie chronique.

Utilisation des MTC

Parmi les répondants, les pratiques de MTC les plus populaires utilisées pour traiter les affections étaient : la chiropractie (39,8 %), la guérison énergétique (à l’exclusion de la guérison pranique) (34,3 %), l’acupuncture/médecine orientale (23 %), le massage (28,2 %), l’homéopathie (18,8 %), la relaxation/méditation (16 %), la guérison spirituelle/prière (15,5 %), la naturopathie (13,8 %) et les remèdes populaires/guérison traditionnelle (11,6 %). Les pratiques de MTC les plus populaires autres que le Pranic Healing utilisées pour promouvoir la santé étaient : la relaxation/méditation (25,4 %), la guérison énergétique (à l’exclusion du Pranic Healing) (25,4 %), la guérison spirituelle/prière (23,8 %), l’entraînement physique (22,7 %), le massage (17 %), la chiropratique (14,4 %) et l’acupuncture/médecine orientale (12,7 %). Les répondants ont utilisé en moyenne 2,65 thérapies de MTC, à l’exclusion du Pranic Healing, pour traiter les affections, et 2,21 thérapies de MTC, à l’exclusion du Pranic Healing, pour promouvoir la santé.

Soins conventionnels

Cinquante-cinq pour cent des répondants ont admis consulter des médecins ou d’autres prestataires de soins de santé conventionnels pour traiter des maux physiques, et 19,9 % ont utilisé des soins conventionnels sous forme de visites chez leur médecin pour promouvoir la santé. Vingt et un pour cent ont consulté des prestataires de soins de santé mentale conventionnels pour traiter des maux mentaux ou émotionnels, et 13,8 % ont consulté des prestataires de soins de santé mentale conventionnels, tels que des psychologues ou des psychiatres, pour promouvoir la santé. Quarante-quatre pour cent prenaient actuellement des médicaments sur ordonnance pour traiter des maux, et 23,2 % prenaient des médicaments en vente libre pour la même raison. Trente et un pour cent prennent des multivitamines/minéraux pour promouvoir la santé.

Utilisation du Pranic Healing

Environ la moitié des répondants (48,6 %) avaient utilisé le Pranic Healing avant cette première visite dans ce nouveau cabinet. Parmi ceux qui l’avaient déjà utilisée, la durée moyenne d’utilisation du Pranic Healing était de 14,3 mois (allant de 1 mois à 10 ans). Lorsqu’on leur a demandé à quelle fréquence ils utilisent le Pranic Healing, plus d’un tiers (36,7 %) ont répondu qu’ils l’utilisent seulement lorsqu’ ils ont des douleurs ou des inconforts ».

Raisons d’utiliser le Pranic Healing

Un répondant sur quatre a mentionné plus d’une raison d’utiliser le Pranic Healing. Toutes les raisons données par les répondants ont été réduites à six catégories générales : problèmes physiques, problèmes mentaux/émotionnels, problèmes sociaux, problèmes métaphysiques/spirituels, recherche d’alternatives aux soins actuels et bien-être général.

La première catégorie, les problèmes physiques, inclut à la fois des problèmes physiques et l’amélioration/maintien de l’état physique. Les problèmes physiques comprenaient à la fois des maux physiques qui empêchaient de fonctionner ainsi que des maladies spécifiques.

Ces sous-catégories comprenaient « douleur physique » (25,7 %), « maladie spécifique » (26,9 %), « diminution de la fonction physique » (9 %) et « traumatisme physique » (2,9 %) tels que chirurgie ou blessure. Les citations suivantes des rapports des répondants illustrent cette catégorie.

… maladie de Lyme, encéphalopathie et neuropathie …

… allergies sévères aux sinus liées aux produits chimiques environnementaux …

… mon bras gauche devient de plus en plus faible et la douleur augmente …

… réduire la douleur, guérir mon ostéoporose, gagner de l’énergie et aider à la perte de poids …

… Les symptômes d’un accident de voiture antérieur sont revenus ; douleur au bras droit et amplitude de mouvement limitée …

Les exemples suivants illustrent la sous-catégorie « amélioration ou maintien physique » (2,9 %)

… lifting, réduction des rides … … augmenter le cholestérol HDL …

Comme la catégorie des problèmes physiques, la catégorie des problèmes mentaux/émotionnels comprenait à la fois des problèmes et des améliorations de l’état de santé actuel. La sous-catégorie des problèmes mentaux/émotionnels comprenait « stress » (18,1 %) ; « affect négatif » (18,7 %) tel que le chagrin, la colère, la tristesse et la douleur émotionnelle ; « trouble/dysfonctionnement mental » (12,87 %) tel que le SSPT, la dépendance, les phobies et le trouble bipolaire ; et « traumatisme émotionnel » tel que les abus sexuels et les traumatismes de l’enfance (2,9 %). Les réponses suivantes illustrent ces catégories.

… pour faire face à la peur et à la douleur …

… Je cherche à réduire mon niveau de stress au travail. Je considère les autres « maux » que j’ai sélectionnés comme mineurs …

… pour faire face au SSPT et au stress …

… Complications émotionnelles/comportementales continues (à vie) dues à une incapacité perçue à gérer mes circonstances. Difficulté à prendre des décisions sans dépréciation de soi et/ou culpabilité …

… colère, dépression, besoin de rester concentré sur le travail, ne peut pas devenir une épave émotionnelle, gros travail …

… dépendance, partenaire s’est suicidé …

Les exemples suivants illustrent la sous-catégorie « maintien/amélioration mentale » (4,1 %)

… aiguiser mon esprit et ma confiance avant un grand examen … … grande concentration …

La troisième catégorie, les problèmes sociaux (7,6 %), se concentrait sur des préoccupations concernant la famille ou les finances, comme l’illustrent les réponses suivantes :

… besoin de guérison financière …

… difficulté dans la relation …

… aide avec la douleur de la maladie et le stress de vivre avec un conjoint alcoolique …

Les problèmes métaphysiques/spirituels (4,1 %) en tant que catégorie englobent la croissance spirituelle, le but dans la vie et le sentiment d’unité ou d’enracinement. Ceux-ci sont illustrés par les réponses suivantes :

… pour vraiment apporter de la lumière dans tous les domaines de ma vie …

… améliorer la pratique spirituelle …

… Le Pranic Healing est un moyen d’harmoniser avec mon unité innée de l’être …

… Je ne sais pas où aller ensuite dans la vie, malgré le fait que je sache que j’ai un destin …

La quatrième catégorie, la recherche d’alternatives aux soins actuels (4,6 %), comprend ceux qui sont insatisfaits des options de soins conventionnels, n’ont pas obtenu de soulagement de leur condition par d’autres formes de soins ou sont curieux de la modalité. Ceux-ci sont illustrés par les réponses suivantes :

Je fais cela pour éviter une nouvelle chirurgie et éviter la perte de ma langue. Les médicaments n’ont pas toujours fonctionné efficacement. Le Pranic Healing a été proposé, donc je l’essaie.

Je suis en thérapie depuis 2 ans et la condition ne diminue pas. L’anxiété s’aggrave et interfère avec le travail. …Aucune autre forme de traitement ne m’a aidé…

… Explorer et en apprendre davantage sur cette méthode de guérison naturelle …

La dernière catégorie était le bien-être général (7,0 %). Ces répondants ont fait référence à leur santé globale ou à leur bien-être général dans leurs réponses. Les exemples suivants illustrent cette catégorie :

… Meilleure santé et bien-être …

… être bien dans l’esprit, le corps et l’âme …

Attentes des Clients

Les réponses à la question ouverte « Quelles sont vos attentes concernant le Pranic Healing ? » ont été codées en trois catégories. Ces catégories étaient : ‘incertain’, ‘attentes d’amélioration des capacités’, ‘attentes de guérison ou de soulagement’.

Les réponses qui entraient dans la catégorie ‘incertain’ comprenaient celles qui n’avaient jamais essayé cette modalité auparavant mais qui étaient prêtes à l’essayer et celles qui avaient été référées par d’autres (21,8%). Cette catégorie est illustrée par les réponses suivantes :

. . . Complètement ouvert. Je n’ai aucune attente . . . …J’ai entendu parler de cela au travail, que cela peut m’aider…

. . . Je ne sais pas . . .

La deuxième catégorie, attentes d’amélioration des capacités (57,6%), comprend ceux qui s’attendaient à ce que le Pranic Healing améliore leur capacité à faire face ou à accepter leur condition adverse actuelle (15,3%) ; améliore leur niveau actuel de fonctionnement sain afin qu’ils éprouvent un bien-être physique, spirituel ou mental amélioré (17,6%) ; ou améliore la capacité innée de leur corps à guérir en aidant le corps à se guérir lui-même ou en aidant dans le processus de récupération (24,7%). Les exemples suivants illustrent ces sous-catégories.

. . . aider à la vision mentale pour mieux gérer les situations personnelles . . .

. . . promouvoir une vie plus saine en vivant avec la SEP. Je suis intéressé par le travail avec le corps pour traiter les problèmes que j’ai . . .

. . . améliorer le sentiment de bien-être . . .

. . . Continuer une bonne santé et un bien-être . . . …Mon médecin a dit que cela pourrait m’aider à guérir plus rapidement…

. . . éprouver un profond sentiment de paix et de relaxation qui permet à mon corps de se rétablir  à quelque niveau que ce soit . . .

. . . Le travail énergétique est un bon moyen d’aligner le système qui peut aider le corps à se guérir lui-même . . .

Surprenamment, la troisième catégorie, attentes de guérison ou de soulagement, était la plus petite (19,4%). Cette catégorie inclut une gamme de réponses, allant de ceux qui s’attendaient à ce que le Pranic Healing les rétablissent complètement, comme illustré par les réponses suivantes :

. . . être complètement libéré de la douleur chronique et de la fatigue et pouvoir porter un bébé à terme sans fausse couche . . .

…j’ai foi que je serai guéri…

à ceux qui voulaient simplement se sentir mieux qu’ils ne le font actuellement :

. . . J’espère que cela aidera pour que je n’aie plus à prendre autant de médicaments . . . . . . Se sentir mieux . . .

à ceux pour qui le Pranic Healing était perçu comme un dernier espoir :

. . . guérison dans des domaines où d’autres modalités n’ont pas réussi . . . . . . rien ne fonctionne, s’il vous plaît, que cela fonctionne . . .

Résultats de l’analyse de contenu dirigée

Les réponses concernant les attentes des clients en matière de Pranic Healing et les raisons de leur utilisation ont été analysées conjointement afin de créer une mesure indirecte des attentes des patients, basée sur les expériences propres des clients.. Une analyse de contenu dirigée a été utilisée pour comparer ces résultats attendus des répondants aux attentes théoriques actuelles des résultats. Les réponses ont été classées en utilisant des catégories de codage et des définitions opérationnelles basées sur le modèle théorique des résultats de bien-être pour les médecines complémentaires et alternatives (MCA) de Schuster, Dobson, Jauregui et Blanks (2004). Ce modèle propose que la santé inclut plusieurs domaines, parmi lesquels le physique, le psychologique (mental, intellectuel, émotionnel), le social et le spirituel, et que le bien-être est « une construction de niveau supérieur intégrant ces domaines, basée sur l’auto-perception de l’individu. » Les réponses ont été codées dans les catégories générales suivantes : bien-être physique, bien-être psychologique, bien-être social et bien-être spirituel.

La catégorie générale du bien-être physique (43.5%) comprenait trois sous-catégories : état physique général, fonctionnement physique et maux physiques. Toutes les réponses qui avaient été catégorisées comme des problèmes physiques et ses sous-catégories sous « raisons d’utilisation » sont tombées dans cette catégorie prédéterminée.

Les réponses dans la catégorie générale du bien-être psychologique (40,6 %) se répartissaient en deux sous-catégories : le modèle théorique du bien-être eudémonique, qui met l’accent sur le sens et la réalisation de soi et définit le bien-être en termes du degré auquel une personne fonctionne pleinement (Ryff & Singer, 2006) ; ou le modèle théorique du bien-être hédonique, qui se concentre sur des concepts tels que le bonheur, l’affect positif, le faible affect négatif et la satisfaction de la vie (Kahneman, Diener & Schwarz, 1999). Les réponses dans cette catégorie générale de bien-être psychologique étaient plus susceptibles (23,9 %) d’être classées comme reflétant l’une des six dimensions du bien-être eudémonique :

  • Acceptation de soi : « … plus d’anxiété, de colère, de culpabilité… »
  • But dans la vie : « … Donne-moi un sens à ma direction… »
  • Relations positives : « … stress élevé, divorce… »
  • Maîtrise de l’environnement : « … stress mental, dépendance… »
  • Autonomie : « … me sentir mieux sans voir mon médecin… »
  • Croissance personnelle : « … travailler sur les problèmes de jeunesse… »

Plutôt que le bien-être hédonique (16,7 %).

  • Bonheur : « … être heureux à nouveau… »
  • Affect positif : « … purification émotionnelle… »
  • Affect négatif : « … dépression, colère, ressentiment, peur, tristesse, anxiété… »

Pranic Healing : Documenter l’utilisation, les attentes, les avantages

Aucune réponse n’a reflété la sous-catégorie de « satisfaction de la vie ». Les réponses qui n’ont pas pu être codées dans l’une des sous-catégories mentionnées ci-dessus se sont avérées liées aux concepts théoriques de résilience (Keyes & Lopez, 2002), définie comme la capacité à surmonter l’adversité. Cela est illustré par la réponse suivante : « … retrouver mon moi normal et avancer dans ma vie sans traumatisme émotionnel ou perte d’emploi… »

La catégorie du bien-être social était basée sur le modèle théorique de Keyes (1998), et comprenait les domaines de l’acceptation sociale, de l’actualisation sociale, de la contribution sociale, de la cohérence sociale et de l’intégration sociale. Les réponses dans la catégorie générale du bien-être social (8,7%) correspondaient à seulement deux de ces cinq domaines :

Actualisation sociale : « … guérison financière… »

Intégration sociale : « … problèmes familiaux… »

Les réponses qui avaient été précédemment catégorisées comme métaphysiques/spirituelles (8,4%) pouvaient être recodées dans la catégorie générale du bien-être spirituel dans l’analyse de contenu dirigée.

Résultats pour les Répondants Ayant Utilisé le Pranic Healing

Sensations pendant l’utilisation.

Les répondants ayant utilisé le Pranic Healing dans le passé (48%) ont été interrogés avec la question suivante : « Avez-vous déjà ressenti l’une des sensations suivantes après une séance de Pranic Healing ? (Veuillez cocher toutes les réponses applicables) » et ont eu le choix parmi 13 sensations physiques et psychologiques couramment rapportées aux thérapeutes par les clients après les thérapies. La liste a été compilée à l’aide de données recueillies lors du groupe de discussion des thérapeutes. Les répondants avaient également la possibilité d’écrire une réponse si aucune des options ne leur convenait. Les sensations les plus fréquemment rapportées après une séance de Pranic Healing étaient se sentir calme (56,7%), paisible (49,6%), détendu (49,0%), plus léger (42,7%), plus centré (37,6%), bien-être (36,3%), optimiste (28%) et l’esprit clair (27,4%).

Bénéfices perçus.

Bien que nous n’ayons pas directement interrogé les répondants sur les bénéfices perçus dans le format de question ouverte, plusieurs répondants ayant utilisé le  Pranic Healing dans le passé ont rapporté leurs bénéfices perçus en répondant à la question ouverte sur les raisons de l’utilisation. Bien que cet ensemble limité de réponses (n = 6) soit hautement auto-sélectif et donc probablement très biaisé, il nous donne une idée descriptive de certains des bénéfices perçus de cette modalité parmi ses utilisateurs. Les citations suivantes illustrent ces bénéfices perçus.

« … Je sais que j’attends avec impatience mes séances de Pranic Healing. Je me sens toujours mieux après une séance dans l’ensemble… »

« … Je me sens mieux avec le Pranic Healing sur un niveau éphémère ; globalement, je me sens mieux… Le Pranic Healing soulage le stress qui s’accumule dans les articulations, ainsi que dans les muscles et le système nerveux de mon corps. Elle me permet de trouver un certain confort tout en atténuant la douleur chronique qui s’étend de la tête aux pieds, 24h/24, 7j/7. Cela m’aide à mieux fonctionner dans mes projets ou tâches quotidiennes. Elle me permet de sortir du lit et de bouger un peu…

… J’ai souffert de douleurs chroniques sévères sur tout le côté droit de mon corps pendant des années, ainsi que de fibromes utérins qui ont provoqué deux fausses couches. Aucune autre forme de traitement ne m’a aidée. Avec la clinique de Pranic Healing, j’ai constaté une amélioration de mon niveau de douleur… »

Discussion

 

L’étude descriptive actuelle a tenté d’explorer les caractéristiques des patients, les attentes, la fréquence et les raisons de l’utilisation, les sensations physiques et émotionnelles associées aux séances de thérapie, et les bénéfices perçus pour la santé du Pranic Healing en tant que modalité de médecine complémentaire et alternative (MCA) pour laquelle il existe peu de documentation scientifique mais dont l’utilisation augmente à l’échelle internationale. Bien que l’étude actuelle ait utilisé un échantillonnage basé sur des critères plutôt qu’un échantillonnage aléatoire, les caractéristiques démographiques de l’échantillon étaient comparables aux résultats de diverses études sur les utilisateurs de MCA aux États-Unis (Wootton & Sparber 2001, Barnes, Powell-Griner, McFann, & Nahin 2004), et plus récemment Hawk, Ndetan, et Evans (2011), qui, dans une analyse secondaire des données de l’Enquête nationale sur la santé (NHIS) de 2007, ont constaté que parmi les 4 416 répondants ayant utilisé une forme de MCA au cours des 12 derniers mois, les répondants peuvent généralement être catégorisés comme des femmes blanches non hispaniques, d’âge moyen, ayant fait des études universitaires. Les caractéristiques de l’échantillon de cette étude reflétaient également de près celles de Beckford et Suzara (1994), qui ont étudié le Pranic Healing en tant que mouvement religieux aux Philippines et, contrairement à leurs attentes, ont trouvé que leurs répondants étaient de statut socio-économique élevé, légèrement plus susceptibles d’être des femmes et d’avoir fait des études universitaires.

En termes d’utilisation, Broom, Wijewardena, Sibbritt, Adams, et Nayar (2010) ont noté dans une note de bas de page de leur étude sur les pratiques et les politiques de la MCA que les individus étaient plus susceptibles d’utiliser le  Pranic Healing pour traiter le cancer que pour améliorer leur santé globale. Cette utilisation du Pranic Healing pour atténuer un problème physique ou psychologique spécifique plutôt que pour améliorer la santé globale a également été constatée dans l’étude actuelle. Les répondants étaient presque dix fois plus susceptibles (80 % contre 8,7 %) de mentionner un problème spécifique qu’ils souhaitaient soulager plutôt que de citer la santé globale ou le bien-être général comme objectif dans leur recherche du Pranic Healing.

ChatGPT

Malgré cela, les répondants ne s’attendaient pas nécessairement à ce que le Pranic Healing cure leur problème. D’après les résultats de l’analyse de contenu conventionnelle des attentes concernant le traitement et les raisons de son utilisation, on peut en déduire que le Pranic Healing est considérée comme un soutien à la santé et au rétablissement, ayant plusieurs effets généraux possibles, plutôt qu’un remède direct avec un effet spécifique unique. Cela a été illustré par les commentaires sur les bénéfices perçus d’un petit sous-échantillon de répondants.

Les résultats du groupe de discussion préliminaire ont montré que, comme certaines autres modalités bio-énergétiques, notamment le Reiki, le Pranic Healing a été utilisé par les thérapeutes en conjonction avec des méthodes de soins conventionnelles en tant que forme de soins intégratifs. Un bref examen des lieux de traitement du Pranic Healing et des listes de therapeutes de plusieurs sites Web d’associations internationales et nationales de Pranic Healing a montré une utilisation dans les hôpitaux conventionnels en Australie, aux États-Unis, en Équateur, en Inde et au Venezuela; et une utilisation dans le cadre de la médecine intégrative parmi les médecins dans 22 pays : Australie, Autriche, Bosnie, Brésil, Canada, Colombie, Croatie, Costa Rica, Cuba, Équateur, Ghana, Inde, Indonésie, Italie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Philippines, Suisse, Royaume-Uni, États-Unis et Venezuela (The Inner Sciences 2011, International Doctors for Pranic healing 2011, Pranic Healers Association of Western Australia 2011, Canadian Pranic Healers Association 2011). Cela peut également contribuer à perpétuer une perception du Pranic Healing comme une aide à la santé et à la guérison plutôt que comme une cure unique.

Les sensations ressenties après une séance de Pranic Healing ont été rapportées comme étant de nature relaxante et non, comme on pourrait s’y attendre, de nature énergisante. Cela est en accord avec les résultats d’études sur d’autres modalités énergétiques telles que le Reiki (Wardell & Engebretson 2001), qui ont trouvé des changements à court terme dans la réponse physiologique au stress immédiatement après les séances. Ces sensations physiologiques et psychologiques peuvent être en partie la raison pour laquelle les clients de Pranic Healing associent la pratique à des éléments spirituels tels qu’une « unité innée de l’être » et la « paix » et pourquoi la résilience, avec ses implications pour surmonter et faire face à des situations stressantes, a émergé comme un thème dans les résultats.

Les résultats attendus pour le Pranic Healing étaient de natures divergentes, et contenaient souvent plusieurs raisons avec des attentes généralisées pour un répondant donné. Cela correspond vaguement au modèle théorique des résultats de bien-être prôné par Schuster, Dobson, Jauregui, et Blanks (2004), à savoir le concept de bien-être global en tant que construction de haut niveau qui intègre plusieurs domaines, parmi lesquels physique, psychologique (mental, intellectuel, émotionnel), social et spirituel. Les sous-domaines théoriques spécifiques au sein de ces quatre catégories n’étaient pas entièrement représentés dans les réponses. Il reste incertain si ces résultats sont dus à un biais de sélection ou s’ils représentent réellement la nature du Pranic Healing en tant que modalité de guérison.

Considérations de biais

 

Étant donné que l’échantillonnage basé sur des critères a été utilisé plutôt que l’échantillonnage aléatoire, il est possible que l’échantillon ait été affecté par un biais de sélection. Environ la moitié de l’échantillon était composée de clients ayant déjà utilisé le Pranic Healing et étaient donc plus susceptibles d’avoir eu des expériences positives avec le Pranic Healing s’ils continuaient à l’utiliser. Dans cette étude particulière, où l’objectif est simplement de décrire les caractéristiques de ceux qui utilisent cette modalité peu connue, cela constitue un avantage, car les attentes actuelles seront probablement basées sur des expériences passées avec la modalité et seraient donc plus réalistes et plus représentatives des bénéfices perçus réels.

Conclusions

L’étude actuelle visait à examiner les attentes des patients, les raisons de l’utilisation, les caractéristiques démographiques des patients, les sensations pendant le traitement et les résultats perçus du Pranic healing, une thérapie de soin énergétique manquant de documentation scientifique mais dont l’utilisation dans la population générale devient de plus en plus répandue à l’international. Les résultats montrent que ceux qui utilisent le Pranic Healing  correspondent au profil sociodémographique des utilisateurs de MTC tel que décrit par les grandes études quantitatives représentatives de l’utilisation de la MTC aux États-Unis, que leurs raisons d’utilisation ne sont pas homogènes, et que les données descriptives préliminaires d’un sous-échantillon sélectif de répondants indiquent que certains répondants éprouvent des résultats positifs attribués à cette modalité.

Les attentes et les raisons d’utilisation des répondants pourraient être catégorisées en utilisant un schéma de codage reflétant des modèles théoriques où la MTC est utilisée pour améliorer le bien-être ou la santé globale ou juste une des diverses dimensions qui composent la perception du bien-être global. Une étude quantitative longitudinale serait nécessaire pour examiner ces résultats au fil du temps afin de mieux élucider les dimensions de la santé et du bien-être qui sont perçues comme changeant avec l’utilisation de cette modalité et les facteurs qui peuvent être associés à ces changements.

Remerciements

Les auteurs remercient les praticiens pour leurs contributions à cette étude. Le soutien financier a été fourni par The Richard Stockton College of New Jersey, l’Université de Californie, Irvine, et le Fonds de dotation pour la paix mondiale et la guérison globale.

Déclaration de divulgation

Les auteurs déclarent qu’il n’y a aucun intérêt financier concurrent.

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